REACTIONS


Photo et papillonnage : Frédéric Vignale

Ouvrir le livre d'or

Vous avez été nombreux à mettre de magnifiques mots sur mes mots. Jugez plutôt :






A propos de La mère horizontale :

Cette promenade qui part, revient, retourne pour raconter l'histoire de ces trois femmes est tenue par les rênes de ton écriture dense et précise, bouleversante sans jamais être larmoyante (même si j'ai pleuré !), et vraiment, tu as accompli une véritable oeuvre littéraire sur la filiation et la fêlure. C'est un très beau livre qui rencontrera des humains, beaucoup d'humains, et je lui prédis un bel avenir.

Nathalie Kuperman dernier ouvrage paru : J'ai renvoyé Marta, Gallimard.

Merci pour "La mère horizontale" que je viens de relire avec une émotion profonde.Tout sonne juste dans ce roman horrible et bouleversant mais jamais désespéré. Au cours de cette odyssée de la maternité, on se sent sauvé par des moments de grâce : l'épisode littéralement merveilleux de la présentation de Fleur à Caroline, mais aussi des scènes paradoxalement exquises d'intimité animale entre la maman alcoolique et la petite fille qui s'en accommode. Pour être capable d'atteindre d'aussi surprenantes nuances dans ce qui pourrait n'être qu'abjection, il faut créer un art : tu as créé le tien. Bravo.
On s'en veut d'être hanté par une question : d'où te vient cette histoire ? A toi de répondre ou non. On croit en l'existence de Fleur. On aimerait la rencontrer.

Amélie Nothomb

 "Déjà j'aime beaucoup le titre. Qui évoque aussi l'horizon, la terre mère... J'admire les ellipses, les fines pointes d'humour, les piques qui n'ont l'air de rien, le lyrisme discret, la silhouette furtive mais bien dessinée de l'Histoire. C'est parfait."

Pierrette Fleutiaux
à paraître La saison de mon contentement, Actes Sud

 

Bravo, ma chère Carole, pour cette histoire conçue en escalier. Durant tout le livre, j'ai eu la sensation que tu te penchais sur ce qui n'a pas été dit mais simplement aperçu par les autres. J'aime avec quelle attention précise tu décris les vibrations émotionnelles de tes personnages. L'alternance passé-présent est finement élaborée ( tu as eu raison de réserver la première personne à un seul personnage qui devient du coup central:j'aime particulièrement sa voix, à Fleur). Il y a toujours l'angoisse en arrière plan liée à la présence de cette mère alcoolique, et c'est ce qui rend la fin réussie : la fin c'est le début de sa plongée dans l'alcoolisme. Tes images sont belles :celle du cocon pour parler de la graisse, et le visage en perpetuelle "explosion" de Sabine qui vient de se coiffer à l'afro. Surtout, bravo pour le ton d'une indiscutable justesse, ton écriture est attentive à tout (comme toi). C'est pour ça que je la vois comme un "souffle chaud".

Qu'on en parle de ce livre !

Stéphanie Hochet
dernier ouvrage paru : Je ne connais pas ma force, Fayard.

 
 
 

A propos de Mort et Vie de Lili Riviera :

J'ai fini de lire d'un coup Mort et Vie de Lili Riviera. Ce livre fait une impression terrible. D'abord c'est stupéfiant, l'empathie qu'on y découvre. Je ne sais plus si vous avez fait des recherches, mais de toute façon cela ne suffirait pas, il y a autre chose: cette façon de se glisser, sans juger, et de faire glisser le lecteur dans cet enfermement corporel et cette dégringolade, et cette douleur, on se demande de quel fond secret vous sortez cela. Il y a plus encore, et c'est cela qui m'a troublée et m'a laissée dans un curieux état: c'est la possibilité effleurée que ce don du corps à qui vient, à qui veut prendre, à l'homme indifférencié, à la chair en fin de compte, ce serait peut-être cela, la vie telle qu'elle pourrait ou devrait être...et d'un seul coup tout se retourne, l'enfermement, l'aliénation, ce serait nous qui les vivrions, et on éprouve une vague aversion pour tout ce qui fait notre vie, ces appartement empilés où chacun est solitaire, le métro, la rue, tout. C'est comme une fine et coupante intuition qui file entre les lignes, une sorte de lumière blanche insaisissable, qui tord la lecture... et tord le ventre. Finalement cette femme fait l'expérience des limites, elle tend vers la chair fondamentale, vers la chair commune, elle en devient une sorte de vestale sacrée, ou plutôt qui pourrait être sacrée dans une tout autre civilisation. Magnifique l'ami Cédric, et aussi le portrait de Franky. Sans parler de cette mère, qui "n'aime que les étrangers" (trait génial, je trouve).
Je me disais d'abord que par le sujet, le livre aurait dû "bien marcher", maintenant je vois les choses autrement. Vous avez  évité le côté people,
les paillettes et le trash, et les explications qui rassurent. C'est un livre qui fait mal, non pas à la manière superficielle et "consensuelle" d'un Houellebecq, mais mal profondément, parce que vous l'avez traité de l'intérieur, et les gens ont peur de ça.
Voilà pour l'instant. Il me faut m'en remettre!

Pierrette Fleutiaux
Dernier ouvrage paru : Les amants imparfaits, Actes Sud

 j'ai lu (dévoré) "Mort et vie de Lili..." et vraiment je pense que c'est un très bon livre. Bravo. Toujours aussi bien écrit, avec surtout un talent pour
émouvoir assez saisissant. Bon, le thème, tu le savais, me touchait déjà... Mais j'avoue que, on pourra en parler, je ne m'attendais pas trop à ce que tu dises avec une telle intensité cette intériorité-là. Tu me disais y avoir mis quand même beaucoup de toi, ce qui m'étonne mais je te connais tellement peu. En tout cas c'est admirable à quel point tu SAIS.
Peu importe, au fond (quoi que) ce qui t'appartient à toi dans cette histoire, tu as tellement su bien faire ressentir un vécu que je connais intimement aussi...
Voilà. C'est fort, c'est juste, c'est bon. Je trouve que c'est un livre nécessaire, d'utilité publique même presque.
Karin Bernfeld
Dernier ouvrage paru : Les portes de l'espérance, Flammarion
Son site


 « Regardez de plus près » disait la voix off en préambule du film American beauty. C’est ce qu’aurait pu écrire Carole Zalberg en exergue de son livre. Le thème de cette jeune femme subissant opérations sur opérations « esthétiques » pour finalement devenir ce que quelques manipulateurs rencontrés au hasard avaient décidé pour elle paraissait une gageure. L’inspiratrice du personnage, Lolo Ferrari, faisait peur, provoquait la fascination et les ricanements. Dur de lui imaginer un destin d’héroïne… Dans Mort et vie de Lili Riviera, Carole Zalberg raconte avec une infinie compassion comment elle en est arrivée là.  Et on comprend.
On comprend qu’en grandissant dans un climat de violence sourde (entre une mère qui la méprise et un père qui s’efface) on en vienne à vouloir changer de plus en plus, disparaître. Trouver autre chose. Lili recherche une identité, pas forcément la sienne mais une identité qui la fasse exister auprès des autres. Elle ne s’aime pas. C’est là le tragique de l’affaire. « Ce serait un conte » écrit Carole mais un conte horrible où la belle princesse se verrait d’abord belle puis laide dans les yeux des princes charmants, en ferait des tonnes pour plaire, finir par s’oublier, ne plus se reconnaître.
On est loin des éclats de rire que pouvaient déclencher la simple évocation de ce personnage tragi-comique.
Et la langue de Carole est belle, pleine de retenue et de violence exutoire. De poésie, aussi.

Stéphanie Hochet
Dernier ouvrage paru : Les Infernales, Stock
Lili Riviera est un phénomène de la nature, elle est dotée d’une paire de seins gigantesques, après le passage entre les mains d’un chirurgien esthétique sans scrupule, elle deviendra star mondiale du porno. Sa propre vie lui échappe jusqu’ à la spirale de l’abîme. Autour d’elle gravitent des personnages perdus, fragiles, infectes ou pathétiques, sa propre mère incapable de donner de l’amour ou la plus simple tendresse, un père soumis, veule et médiocre, ainsi qu’un florilège d’individus parasites : amants de passages, chirurgien esthétique, imprésario ; une galerie de caractères  emblématiques comme ceux qui hantent la société de la nuit et traduisent si bien une époque.
Carole Zalberg s’est inspirée d’un fait-divers réel, son roman est dur et bouleversant, l’écriture est sobre et dépouillée, le style sous un  minimalisme apparent tranche comme un scalpel, c’est une quête d’amour qui ne se réalise pas. Carole Zalberg avait déjà publié il y a quelques mois chez le même éditeur, «  Chez eux », très beau récit retraçant l’histoire de sa propre mère pendant l’occupation, aujourd’hui avec ce nouveau roman, elle affirme avec une grande  maîtrise de l’écriture et un style épuré, lisse de tout détail importun, une sensibilité qui touche au cœur, à l’humanité.
Pierre-Alain Lévy.


 J'ai lu ce week-end ton roman. Bravo et merci! J'ai beaucoup apprécié la sensibilité avec laquelle tu as abordé ce sujet difficile. Beaucoup aimé
aussi la pudeur, la retenue dont tu as fait preuve. Je n'avais pas lu grand-chose sur la vie et la mort de Lolo F., mais je doute que beaucoup aient été aussi respectueuses et intelligentes que cela.

Frédéric Mairy


 J'ai dévoré Mort et vie de Lili Riviera.
J'ai beaucoup aimé ton style très direct et incisif qui laisse la tension s'installer progressivement au fil des pages. J'ai vraiment eu le sentiment que tout au long du roman j'entrais dans l'univers lourd et glauque de Lili sans même m'en apercevoir.
J'ai eu le sentiment d'avancer, ou plutôt de m'enfoncer avec elle, ce qui à la fin du roman donne effectivement l'impression que Lili n'a pas eu le choix. Non pas parce qu'elle n'a pas été aimée enfant, non, c'est plus complexe que ça. Je dirais que ça commence par ce mésamour et que ça continue par un faisceau de circonstances et de rencontres (celles-ci étant aussi liées au manque d'amour du départ, d'où cette complexité).

Personnellement c'est un type de récit que j'affectionne particulièrement. Je trouve que le sujet est vraiment très intéressant parce qu'encore une fois au travers d'un personnage poussé à l'extrême comme Lili on se pose beacoup de questions sur notre société de l'image et surtout - et pour moi c'est le thème le plus intéressant du livre - sur comment nous nous construisons psychologiquement depuis l'enfance. C'est comme une horlogerie de mécanismes qui seraient mis à jour (parce que mis en exergue par ce côté extrême) dans le genèse de Lili. Lili est un cas à part et en même temps elle est proche de nous par les questions qu'elle se pose, la relation à son corps qui change, son besoin d'amour et sa relation aux hommes. Meme si elle est au final grotesque, ce n'est pas un ovni et il me semble que tu as très bien mis l'accent sur le côté humain de Lili. La petite fille cachée à l'intérieur.

Voilà mon impression. Je n'ai pas de réserves (j'ai pourtant cherché !). A nouveau c'est une écriture que j'aime et un thème qui me fascine également. Par exemple j'avais beaucoup aimé Les jolies choses de V. Despentes. Chez toi par contre il n'y a pas de vulgarité (ce qui n'est pas vraiment le cas chez elle !), mais pourtant le message est là, clair et tout aussi cru et la déchéance de la jeune femme est tout aussi bien traitée. C'est comme si Lili courrait après quelque chose qu'elle ne parviendra jamais à rattrapper.

Sandrine Lorge


 C'est une triste histoire, merveilleusement mise en scène. Ton écriture relève comme dans tes précédents romans des trois E : elle est efficace, épurée, esthétique. Les ressorts psychologiques apparaissent au fur et à mesure d'une vie cahoteuse, pour finir par crisser comme ceux d'un vieux lit sur lequel s'étale tout le poids d'une société, de ses institutions et de son imaginaire. Le fantasme est quelque chose, je pense, de lourd à porter. Seuls, peut-être, les mamelons gonflés à l'hydrogène permettront l'envol plus léger de ces fantasmes balourds. La technique, la technologie, la science, et toutes leurs possibilités façonnent l'imaginaire social comme dirait Castoriadis.
Qu'est-ce qu'il en sera dans vingt ans? Je ne sais pas, mais je pense que ton livre, indirectement, pose toutes ces questions. Il est pourtant doux. Doux d'un anéantissement programmé, d'un engourdissement progressif, d'une somnolence humaine qui laisse le lecteur rêveur et révolté. La tragique est présent, les protagonistes ne contrôlent plus la signification de leurs actes. Lili poussée par la "moira". Pourtant les pages sont douces, dans tous les sens du terme : tant le vocabulaire, la sémantique, que le papier physique du livre sont doux, presque veloutés.
Cela crée une alchimie curieuse, comme cette bête de foire immonde qu'est Lili. On ne nommerait pas un monstre Lili. Lili qui sonne si joliment, Lili si frêle, si tendre, vulnérable...

Iannis


 J’ai lu hier jour de sa sortie, ce nouveau roman où tu livres le meilleur de toi-même. Impression d’une descente aux enfers ou d’une crucifixion. Si Ella, elle a « ce tout petit supplément d’âme », Lili souffre de l’inverse : un déficit d’âme. Elle, ou plutôt l’environnement qui la produit. Car tu décris très bien cette sorte d’horrible déterminisme qui la façonne : famille, « société », ce Marc, âme damnée, ce Cédric qui se brûle lui aussi à la flamme de l’artifice, ce profiteur de Francky, l’abominable docteur Z… Et toujours ton écriture sobre, précise, efficace. L’alternance réussie passé / présent. Tout est joué depuis le début, Lili est déjà morte. L’histoire d’une autopsie, en somme. Un procès verbal.  Le mot juste, toujours le mot juste, rien que le mot juste. Et l’émotion s’insinue chez le lecteur, et l’écoeurement, et jusqu’à la culpabilité (en tant que père de deux filles, je me suis vu dans la peau de Bruno, et je n’étais pas fier). J’ai de nouveau songé à Mauriac, et notamment à ce beau titre qu’il disait pouvoir être celui de son œuvre entière : Le désert de l’amour. Oui, l’amour manque à cette femme, à cette mère qui cherche un ersatz en son dieu, à cette famille purement socio-biologique, à ces hommes bouffés par le désir, à cette société plastique… J’ai refermé le livre avec un sentiment de noire tristesse. Petite sœur de Marilyn ? Oui, sans doute, avec autant de souffrance ici que là, autant de distance entre la petite fille et la poupée, entre l’enfant et la putain. Des bombes… et les bombes, ça finit par exploser.

Daniel Charneux


 Je viens de finir l'histoire de Lili; j'ai aimé, beaucoup, les mots qui font et défont Lili la balladent la trimballent la malmènent et nous la rendent touchante et troublante à la fois le désir venant remplacer l'amour et son manque, les mots à l'image de la chirurgie esthétique la façonnent;  merci pour ces moments de lecture.

Elisabeth Gattegno

 

A propos de Chez eux :

Anna est une petite fille juive de six ans, petit cœur de douceur, bourlinguée dans une Europe à l’agonie pendant la seconde guerre mondiale, entre Pologne et France, confiée par sa mère aux bons soins d’une famille de paysans de la France profonde, petite Anne Frank en terre d’auvergne. Il lui faut cacher son identité, supputer le danger qui rode, toujours aux aguets. Des paysages qui émeuvent, le chemin de l’école, des copains complices, la dureté de la vie à la ferme chez des paysans à la peau dure et au cœur tendre, la rencontre lumineuse avec l’institutrice Cécile Tournon, Juste parmi les Justes, être de lumière.
Carole Zalberg rend hommage  dans ce troisième roman à sa mère Anna, elle rend vie par le verbe à  une existence longtemps occultée, rarement explicitée, les mots se posent comme une caresse, un hommage affectueux et doux, un geste d’amour. Aussi quand l’écriture est capable de redonner vie et consistance à un passé enfoui, sans emphase rétrospective, avec juste ce qu’il faut d’éclairage, quand l’histoire s’incarne dans les regards, les silences et les petits rien, alors se lève la promesse de  l’aube.
 

Pierre-Alain Lévy
Une lecture de l'écrivain Daniel Charneux
 

"Un récit tout de sobriété et d'émotion contenue"

La Présidence de la République
 En exergue, je pense utile de citer Alphone Esquiros, contemporain de Victor Hugo, qui, en 1851, affirme : « Les pays de montagne sont plus favorables que d’autres au développement de la liberté. Le sentiment de l’indépendance religieuse et politique s’exalte à la vue de ces solitudes inaccessibles . »
Comment aborder ce livre intitulé CHEZ EUX ? Ce terme si fréquement employé et si familier prend, comme tous les termes génériques, plusieurs significations : ce peut être « chez des parents, chez des amis » mais aussi « chez des étrangers »…
La présentation, sur la quatrième de couverture, indique le sens : EUX, ce sont les enracinés, des paysans de Haute-Loire, qui vont abriter une déracinée. La  déracinée, c’est une petite fille qui va vivre une expérience à la fois rude et formatrice.
Elle est juive. Mais nous allons découvrir, au fil des pages, que dans ce milieu rural, l’altruisme à la fois puisé dans la lecture de la Bible, prêché par les pasteurs et enseigné à l’école de la République, abolit les barrières artificielles.
La rencontre entre cette conscience enfantine et un monde apparemment clos et muet, rivé dans une attitude austère, va transformer le silence du vide en un silence empli de voix et de sollicitude.
Juillet 1942, veille de l’invasion de la zone Sud ; n’oublions pas que c’est la guerre et que l’ennemi peut être partout, aux portes du canton de Tence, à 1000 mètres d’altitude sur le plateau oriental du Velay et même plus près, dans les villages voisins, où des défenseurs de la politique de (gouvernement) Vichy observent les faits et gestes et ceux des nouveaux venus en particulier.
Mais revenons au livre, au texte : l’écriture est déliée en restant précise, avec une expression poétique permanente, de puissantes images symboliques, une analyse psychologique subtile. La forme et le fond tendent à s’unir étroitement : la mémoire se gonfle de souvenirs et l’on pense à cette phrase de Bergson : « Grâce à la mémoire, chaque état d’âme, en avançant sur la route du temps, s’enfle continuellement de la durée qu’il ramasse ; il fait pour ainsi dire boule de neige avec lui-même. »
On accompagne Anna dans chacune de ses pensées, chacun de ses actes tout au long de sa transformation. En effet, elle devient peu à peu solidaire des autres et du monde extérieur ; je cite, page 109 « Ala ferme, en revanche, elle avait atteint un état de présence vide, indolore. Elle était chez eux et y faisait ce qu’elle avait à faire. Or ce soir, dans la beauté des gestes du vieil homme et alors que les quelques mots de la mère Poulou vibrent encore dans l’air, Anna n’est plus indifférente. Elle regarde ces deux-là, le mari et la femme qui jamais ne se touchent, ces deux-là  qui sont à cet instant tout ce qu’elle est sûre d’avoir encore, et elle sent s’agiter en elle une chose chaude et molle. »
Finesse d’un style féminin : on sent Carole s’identifier à sa mère et devenir la fille d’Ethel ; étonnante fusion que seul l’amour explique.
En dehors d’Anna, nous rencontrons chaque personne typée, dans toute la densité de sa présence.
Pour illustrer la pertinence de l’observation et de l’analyse, citons, page 91 « Sans cette guerre qui rend plus aiguisées, plus essentielles les choses de sa vie, Anna n’aurait sans doute pas développé ce tempérament fort, presque dur parfois. Avant tout cela, elle était une petite fille gracieuse et timide, vite éblouie. »
Mais c’est probablement le rôle fondamental de l’école publique pour Anna que le récit met en évidence par un hommage à l’institutrice ; page 27 « Dans la petite salle de classe où s’entassent des enfants d’âges et de milieux disparates que le conflit a jetés ensemble, Anna n’est plus qu’une élève. Une bonne élève même, que son institutrice apprécie et encourage. C’est le seul endroit qui lui parle d’avenir, lui laisse espérer que cette chose rugueuse qui lui sert désormais d’existence ne sera pas toujours là, à la happer dès le réveil. »
Le lecteur a  alors l’impression qu’Anna peut désormais se baigner dans le temps, littéralement prendre un bain dans le temps en le dominant ; on dit couramment « profiter du temps ».
C’est Cécile Tournon (Lucie Fayard) qui, intermédiaire entre la conscience d’Anna et le monde extérieur hostile au début, contribue à la formation des liens, des passages ; page 29 « …en classe, elle est soudain plus près du ciel libre, échappée en sursis du trou où elle patauge. » et,  page 31 « … Oui, désormais, c’est une délivrance… »
Dans l’entourage d’Anna, chacun agit positivement à sa façon, aussi bien le pasteur Dutertre (André Bettex) que les alliés plus jeunes et si divers : Adriel, Lisette, Andrée. Madame et Monsieur Poulange, famille d’accueil, finissent  eux aussi par manifester affection et intérêt pour Anna.
Il m’apparaît personnellement que dans son récit, Carole Zalberg excelle à faire ressortir le pour, le contre et le résultat, c’est-à-dire, la thèse, l’antithèse et la synthèse, tant il est vrai que les réactions humaines  et particulièrement celles des enfants, multiples au départ, finissent par s’accorder. Ainsi, l’enfance d’Anna, blessée et détournée au début, va peu à peu s’équilibrer, s’harmoniser, grâce aux présences différentes mais complémentaires ; ceci ressort page 115 « Car cette présence aura été faite de mots, de pensées, de ces choses immatérielles qui demeurent au-delà de la chair. »
Pierre Brun, extrait d'une intervention lors d'une soirée consacrée à Chez eux à la mairie du Chambon-sur-Lignon le 2 août 2004

 

J’ai terminé hier soir Chez eux.
C’est un très beau livre, écrit avec beaucoup de justesse. J’y ai vu surtout l’histoire d’une maturation : une petite fille qui grandit en puisant dans  les ressources d’une enfance heureuse. Peut-être que si elle n’avait pas connu autant d’amour avant, elle n’y serait pas parvenue. Curieux paradoxe : c’est lorsqu’on a été aimé qu’on parvient à s’affranchir de cet amour, qu’on peut aller voir ailleurs. Comme tu le dis à la fin du roman, Anna retrouve ses parents, c’est une autre petite fille, déjà grande, il n’y a pas de retour possible. Quand on n’a pas été aimé (ou mal), c’est très difficile de faire face, c’est comme si on restait collé à ce qu’on n’a pas eu. Ce livre le dit très bien. Ça fait une très belle histoire, extrêmement prenante et, disons-le, émouvante. (...) ce livre dit de quoi on est fait, même si on n’était pas encore là pour l’entendre. En lisant Chez eux j’y ai retrouvé des choses comme ça.
Voilà, rapidement, ce que j’avais envie de te dire à propos de ce livre.

Jean-Pierre Gattegno
dernier ouvrage paru : Longtemps je me suis couché de bonne heure, Actes Sud


 (...) Je l'ai commencé hier, et fini aujourd'hui. En deux fois, et si je n'avais dû partir hier soir, je l'aurais sûrement lu d'une traite. Comme tu as dû l'écrire, puisque tu précises un seul mois à la fin du livre. C'est assez surprenant d'ailleurs, car je trouve ton écriture tellement précise et juste qu'il me semble que j'aurais mis beaucoup plus de temps. Comment te dire? C'est vraiment un livre formidable, intense, juste.  On a toujours un peu peur avec ce sujet ( enfin, je dis "on" mais c'est moi), car j'ai lu tellement de livres et d'histoires. Il y a je trouve quelque chose de très différent dans ce livre, peut être liée à la force de tes personnages. L'impression d'une grande volonté ressort. (...) Je trouve étranges tes dernières lignes, enfin étranges mais compréhensibles : c'est d'une grande force de pouvoir restituer ainsi un témoignage, c'est une forme de don pour beaucoup de croyances.  Je suis heureux que tu l'aies publié chez Phébus car en tant qu'esthète, ton écriture est mise en valeur ; le contexte de l'éditeur me fait penser à Daniel Arsand, Anna de Roanne pourrait être un nom de ses personnages. Dans la précision de l'écriture, il y a une valeur commune, et c'est un compliment pour moi. Merci pour cette lecture, vraiment. Ton livre aura un chemin étroit, car ce n'est pas le plus accessible, étroit mais long.

David Foenkinos
Dernier ouvrage paru : Le potentiel érotique de ma femme, Gallimard


 Chez Eux. Un texte dépouillé. Des jambes nues.
Les jambes, j’aime cette charnière-symbole, ces ciseaux arpentant les mots.
Page 25 «  la petite sirène qui renonçait à sa belle queue et à sa voix de miel pour les jambes qui la faisaient souffrir … ».
Page 33 Les jambes encore.
Page 42 Les jambes maigres…
Les jambes ça porte comme un regard, ça aide à s’enfuir, ça fait voleter les macarons des cheveux…
Les jambes, chez les filles, c’est souvent héréditaire.
La grand-mère, la mère, la fille…
J’aime bien aussi  le personnage de l’instit’ Mlle Tournon, une certaine France qui se perd...
La main rude de la mère Poulou dans les épis de son petit-fils sous le regard en manque d’Anna…
La voix de l’ogre dans la TSF…
Sans doute, aussi, parce que les nazis, ont « nettoyé » toute ma branche paternelle et que nous avons cette mémoire d’un arbre en commun.
T'as été inspirée de finir par le mot : peur. La peur, ca reste et ça se transmet jusque dans les jambes.
J’ai aimé ce roman de l’enracinement sur le déracinement.
Et pour toi,  la boucle bouclée.

Alexandre Millon
Dernier ouvrage paru : Mer calme à peu agitée, le Dilettante
Visiter son site


"Carole, ce n'est pas une plume qu'elle a, mais tout l’oiseau" avais-je dit. En refermant Chez eux je m’y suis senti chez moi. Pas par similitude des destins, mais simplement parce que tes mots, ta plume, offrent un témoignage qui invite au lieu d’exclure, comme cela est trop souvent le cas dans ce genre de roman. D’où vient cette capacité d’émouvoir avec de simples mots ? D’où vient cette possibilité de susciter des envies de révolte face à des situations historiques qu’on croyait connaître par cœur ? Franchement je crois qu’on touche ici à l’essence même du talent. Une essence pleine de plomb, comme seule en donne la réflexion qui précéda forcément la rédaction de ce roman. Tu énerveras avec ce livre. On te dira :
« Encoooore ? Les juifs ne portent pas le malheur du monde sur leurs seules épaules ». Mais on te dira « Bravo » aussi, et je tiens à être de ceux-là, parce que Chez eux m’a touché, et que je suis persuadé que c’est en ravivant les cicatrices plutôt qu’en les lissant qu’on convaincra les plus obtus de ne s’accommoder de rien, et surtout pas de ce qui restera, quoi qu’on en dise, le pire exemple de dégringolade humaine de l’Homme. Cet ouvrage t’était sans doute nécessaire. Moi il m’est devenu indispensable. D’ordinaire j’aime la littérature qui fait décoller, qui prend des risques, qui s’éloigne du réel. A mettre les pieds dans la boue de l’histoire je ne pensais pas y expérimenter tant de sensations. Et pour l’avoir pensé, en plus de «Bravo», j’ai presque envie de te demander « Pardon ».

    Damien Perez
Dernier ouvrage paru : Casse familiale, L'embarcadère


 Merci pour ce petit bijou plein de tristesse, mais aussi de luminosité!
Ecrit par une plume exceptionnelle, votre livre m'a bouleversée. L'histoire d'Anna aura du mal à s'effacer de mon esprit...

Hadwig Lévy


Une caresse, les mots de la douceur, et soudain, la peur, le paradis perdu. La Pologne lointaine, Lodz comme un rêve qui se dissipe et se dissout au fond du regard : plus rien. Sinon dans le mystère des nuits, le retour de l’infiniment doux, le cristal des mots d’Ethel, la mère qui a fait le voyage préparé par Nathan, le père.
Nous sommes dans les environs de Roanne aux temps si proches encore où la mort en uniforme repérait ses proies en traquant derrière les visages, les songes d’un autre monde. Une petite fille, dans le matin froid, se prépare à nourrir les animaux de la ferme, bâtiment solitaire comme une étrave, comme un naufrage dans l’océan des terres.
Les Poulange ! Des paysans naufragés du langage, tout en économie, et du matin au soir, les mots de la survie. Les Poulange ! Ils ont désormais une petite-fille, arrivée en même temps que leur petit-fils. Les apparences offrent à tous les regards environnants la crédibilité qui sauve : tout est prêt le jour où Lebrun le traître, vient dans la classe de Mademoiselle Tournon la merveilleuse, promener son regard de fourbe sur le visage des enfants : « Et cette jolie petite fille-là, qui peut me dire si elle est d’ici » On retient son souffle, Anna, la petite Anna fait face à l’abject, épatante de courage et de sang-froid ! C’est une page magnifique et simple, la victoire sans autre défense que celle de la parole sûre et ferme, sans autre rempart que le regard tranquille.
Anna Serre – Wajimsky dès la fin de la guerre – brille à l’école de Cécile Tournon qui l’environne de toute sa pédagogie tendre, qui lui offre cette présence si précieuse de l’esprit devenu guide, jusqu’à l’examen final et dangereux – parce qu’il y a partout des Lebrun.
On tremble souvent pour la « petite Poulou », on l’admire lorsqu’elle dit sa passion des mots nouveaux, on voudrait faire à sa place les travaux qui meurtrissent le corps, et pourtant, on ne craint rien pour elle, on la sait forte, et déjà victorieuse alors que tout semble l’avoir abandonné.

Carole Zalberg est née de ce passé sans nom et sans visage – ainsi peut-on régler son compte à l’inadmissible – ; Anna était sa mère. Sans excès, sans appuyer le trait, elle nous dit les jours qui lui ont été racontés, cette chute dans un monde rugueux où seuls des sabots neufs savent dire « Je t’aime », et puis l’éveil étincelant vers un autre partage, parce qu’un visage, celui d’Adriel le jeune homme, traverse la lumière sans l’altérer, et puis dans l’anodin des gestes et presque l’anonyme des présences, le fil des jours terribles où le moindre faux-pas croisait celui de la folie.

« Chez eux » est écrit comme on peint une aquarelle, délicatement, mais peu à peu, on comprend que ce qui se dilue ainsi dans le quotidien et son dessein, ce sont des larmes. C’est pudique et terrible à la fois, c’est sensible et tendre, doux et fort, avec des passages dont on sent qu’ils viendront illustrer quelque jour, quelque pensée qui cherche son appui, comme une perfection.

Jean-Joseph Julaud
Dernier ouvrage paru : Café grec, le cherche midi


 Je viens de terminer ton livre. Quelle douceur malgré la violence du sujet. Beaucoup de poésie. Ma mère a traversé cette partie de l'histoire, elle était en colonie. Elle aussi rongée par la crasse et la vermine. Elle en a gardé un appétit puissant pour ses enfants. Sur la photo, j'ai cru la reconnaître, toute petite elle avait le même regard. Oui, j'ai été touchée au plus profond de moi par ta qualité d'écrivain, de conteur. Le style d'écriture est fluide et riche, l'histoire s'enchaîne formidablement bien et l'amour domine tellement ton récit que j'ai cru te retrouver à chaque page. Bravo, tu es au travers de tes écrits, telle que je t'ai toujours ressentie: riche, souple, tolérante, douce et tellement fraîche. Merci pour ce moment de bonheur.

Marie-Anne Salel Gicquiaud
Une réaction historico/coup de gueule de Frédéric Bourtayre.

Une réaction poético/philosophique de Iannis Pledel.
 

A propos de Léa et les voix :

 ....LEA ; depuis le temps que je l'attendais, je commençais à ne plus y croire. La première fois que je l'ai vue, c'était dans l'opacité d'un piano bar,au creux des lignes de Carole, et déjà j'avais été séduit. Puis, elle avait disparu .. Cachée derrière un Arbre où partie avec Napo, elle avait fui le monde des mots et je desespérais de la revoir ; elle était devenue une de ces visions fugaces dont on entretient le souvenir sans trop y croire ; et pourtant, la revoilà .
Un beau roman que celui là ; où très vite la plume de Carole dépose sa marque ; légère et sensible, comme un frôlement, une caresse.  Un rythme bercé qui doucement dessine la trame d'une vie, de deux vies en reflet, entre abandon et perte de l'aimé, de l'amour, de soi. Un personnage attachant, tendre et fragile, touchant ; une femme dont on tomberait amoureux comme on tombe dans un rêve, en douceur.  Quand l'éphémère devient douleur, Carole glisse ses mots, d'un souffle de fée qui nous rappelle une fois encore que les artistes ne sont pas vraiment de ce monde...

Christophe Leroy

 

A propos de Les Mémoires d'un arbre:

Emerveillée par la lecture des mémoires d'un arbre je tiens à vous féliciter
pour votre très bel ouvrage plein d'émotion et de tendresse. Quelle maîtrise
de la langue (ce qui devient plutôt rare).
J'ai hâte de me plonger dans les voix de Léa.
Avec tous mes encouragements...
H. L.
 

Une analyse-réaction pleine de sensibilité, par Valérie patriarche

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Merci, Carole Zalberg, merci,
Merci car vous m'avez procuré des instants de bonheur grâce à votre livre, de ces instants rares où on se sent en totale communion avec le monde qui nous entoure, de ces instants où on regarde la vie d'un point de vue différent. Ce n'est pas à la portée de tout le monde d'écrire de tels romans.
Votre livre est beau, non pas de cette beauté froide qui se dégage des oeuvres "maîtrisées", parfaitement orchestrée. Non, votre livre est beau comme le chaos, le chaos de ces vies qui passent, de ces êtres qui défilent comme sur le champ de Mars, de ces destins croisés, des ces amours et de ces haines dont vous nous montrez l'importance toute relative en les resituant dans une perspective beaucoup plus large que celle, restreinte, de la durée de la vie humaine.
Votre livre est parfois drôle (on retiendra le passage en "guest-star" d'Isaac Newton), parfois tragique, toujours plein de sens.
C'est pour tout cela que je tenais à vous dire merci, Carole Zalberg. Vous n'usurpez pas votre titre de "donneuse de mots" et c'est un ravissement que de recueillir ceux que vous semez.
Au plaisir de vous lire à nouveau,
E. B. Un lecteur conquis.

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Je viens de finir la lecture de votre roman Les Mémoires d'un arbre que j'ai beaucoup aimé.Votre respiration naturelle semble être celle de la nouvelle. Je le relirai certainement quand il paraîtra ; le rythme assez lent me semble bien adapté à l'intimité de la relation entre un lecteur et son livre et je m'imagine très bien le lisant sous la varangue à l'heure du thé. J'ai adoré l'image de la robe cramoisie ;une approche très picturale !
J'ai également lu vos extraits sur votre site .
Votre nouvelle Son pote est vraiment touchante ,l'extrait de Léa et les voix est bouleversant.
Avec toute mon admiration
C. L. (Ile de la Réunion)

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Tu surprends jusqu'au bout, à dévier ton chemin, à le tordre de si belle manière. Tu joues avec la perception qu'on se fait de ton oeuvre. On ne sait jamais pourquoi on aime ce que tu as écrit, tes nouvelles ne dégagent jamais la même saveur, c'est vraiment très fort d'avoir réussi ce que tu as fait là. Vraiment je ne suis pas un lecteur facile mais là j'ai
mordu j'ai dévoré. Je croyais savoir où on allait et puis progressivement je ne savais plus. Ton bouquin est fou et inattendu comme la vie, comme l'Histoire. Il parle de folies de manière calme et posée, de destins brisés mais patinés et d'un futur apocalyptique mais odieusement logique. C'est incroyable ce que tu as écrit. Il me tarde de tenir cet ouvrage entre mes mains pour le relire.
D. P.

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Je suis curieuse comme une chatte. J'ai voulu savoir qui était cette Carole Zalberg dont le forum est l'un des plus fréquentés sur Planetexpo, et qui avait un si joli visage. Je me sentais prise d'un coup de foudre amical. Donc, hier, j'ai été faire un tour sur le site du Cherche-midi éditeur, et par curiosité, j'ai téléchargé "Les mémoires d'un arbre". Et là, Carole, j'ai pris une claque phénoménale. Comme je me suis sentie humble, à vous lire. Comme j'ai pris conscience de mes faiblesses et du chemin qu'il me reste à parcourir, moi qui essaie de quitter l'état "d'écrivante" pour accéder à celui "d'auteur" ! Que de lacunes, encore ! Mais vous lire, Carole, n'a fait que renforcer ma détermination à continuer d'écrire. Je n'ai plus qu'une seule chose à faire : vous remercier de ce moment de grâce...
T. F.

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La ville dans son fouillis, dans tout son brouhaha, se réveille, une fois n’est pas coutume, sous les bourrasques automnales, quelques feuilles volent au son des passants, pas symétriques, enjambées emportées, longues foulées…serait-ce pour ce défouler ? de qui ? de quoi ?…inutile d’insister…Je regarde par la fenêtre, je ne vois rien à travers ses vieux carreaux …flous…je préfère ouvrir, laisser l’air s’engouffrer, sentir mes cheveux voleter et mes tapisseries s’arracher…chambre de bonne, antre d’étudiant…je regarde de là ces gens las…une pensée m'effleure…Carole…la toile tissée…deux liens…et…tiens ! tiens !, une lecture, les autres ont suivi…
C’est Beau.
La vie ne s’arrête pas, un taxi klaxonne, une mobylette ronronne, une vielle dame ronchonne…un homme aboie,…je regarde en bas…savent-ils que de tout se vertige, de toute cette critique, quelques mots suffisent à suspendre le temps…
Et à ce moment, une petite fleur blanche, arrivée de nulle part se pose sur le rebord de la fenêtre et m’annonce le printemps…du moins…pour moi.
A toi.
Z. B.

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Je viens de relire, avec autant de plaisir et d'enthousiasme que la première fois, "Les mémoires d'un arbre". C'est une lecture facile (au sens de ni barbant ni prise de tête) qui pourtant ne sacrifie en rien à la facilité : les thèmes abordés sont de ceux qui sont essentiels et de ceux que chacun se pose un jour. Cette simplicité, cette maturité d'écriture, lisible et aérienne sont pour moi la qualité des grands livres. Merci pour cette jolie lecture.
O. B. S.

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J'ai aimé cette promenade dans le temps en forme de contes, ces rencontres oniriques avec Newton ou Rimbaud et Verlaine (ou est-ce un effet de mon imagination ?). Et au-delà d'un avenir plombé et effrayant, la grande leçon d'humanité de cet arbre-là.
D. G.

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Ce livre est un bijou de poésie et d’humanisme.
On y fait la connaissance d’hommes et de femmes avec leurs qualités de cœur mais aussi leur faiblesse, leur « misérabilité », leur petitesse...leur humanité !!!
O. H.

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J'ai adoré "les mémoires d'un arbre".
Peut-être ne me suis-je pas encore assez "frotté" à la lecture en ligne, ce qui me ferait désirer une édition papier, que l'on garde, que l'on offre, dont on respire le papier. Qu'importe, le texte est superbe, dans toutes ses dimensions d'humanité et d'écriture...
Merci !!!
S. Sh.

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Le titre seul était déjà un appel. En ouvrant le fichier, en parcourant les premières lignes, je sentais que ce livre me bouleverserait. Déjà je sentais craquer l'écorce noueuse de cet arbre, déjà je ressentais les lézardes profondes qu'avaient laissées sur son tronc les siècles de douleurs, les moments terrifiant dont il avait été le témoin.
 "Au plus profond que me ramènent mes racines emmêlées depuis des siècles à cette terre"...  La première phrase a suffi à m'envoûter. La fluidité de l'écriture de Carole Zalberg souligne  chapitre après chapitre l'impuissance de cet arbre condamné à l'immobilité, incapable de faire un geste envers ces femmes et ces hommes qui se déchirent, se battent, se haïssent, s'aiment ou se cherchent. L'arbre contemple le délabrement de ce monde, la lente dérive et les secrets espoirs des hommes. Je connais un arbre. Millénaire lui aussi. Un Châtaigner. Majestueux, aux racines enchevêtrées, aux branches torturées... Planté au milieu de son obscure clairière (les autres arbres se tiennent à l'écart de sa menaçante sagesse) il observe et attend. Qu'on le coupe ou qu'un incendie le dévaste. Et qu'on efface avec lui toute la mémoire du monde.
P. F.

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Une idée originale d'une grande richesse pour ce roman à travers lequel on devine une sensibilité à fleur de peau et un vrai talent encore vierge de toute emprise commerciale. Un vrai coup de cœur pour cette plume vibrante et solaire, à la fois empreinte de poésie et de douleur. J'ai adoré ... à publier d'urgence !!!
V. S.

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A mi-chemin entre le conte philosophique et la poésie, le livre de Carole Zalberg m'a semblé échapper dans sa construction aux règles habituelles, même s’il respecte la nature intrinsèque des sujets représentés . C’est pourquoi, la surprise a été mon premier compagnon dans cette lecture ; il s’est mué au fil de l’exercice en émerveillement devant la puissance poétique de l’écriture. Au total, l’œuvre évoque pour moi le douanier Rousseau ; Ca peut paraître étrange au début, mais surtout c’est beau.
Ph. J.

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Les Mémoires d'un arbre, de Carole Zalberg est un merveilleux livre, fort et ciselé comme une sculpture. Cette jeune auteure a saisi la vie dans tous ses bonheurs et toutes ses horreurs. On est transporté dans l'univers de son sage héros végétal comme dans un tourbillon et l'on sort de là tout chamboulé...Voilà un roman qui sera sans aucun doute aussi apprécié à Paris qu'à Montréal.
C. P.

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J'ai lu les mémoires d'un arbre dans le train , j'ai assurément voyagé plus que de Strasbourg à Paris. Moi qui trouve toujours c e trajet trop long, j'ai pesté quand l'annonce de l'arrivée à la capitale m'a sortie de ma passionnante lecture.
Tout laisse à croire que cette auteur a vécu plusieurs vies pour nous faire pénétrer dans l'intimité de personnages aussi variés. Des femmes, mais cela pouvait être attendu, mais aussi des hommes : bourrus, comme ce père aux sentiments, envers sa fille, inavouables et avoués malgré lui, ce soldat, revenant de la guerre "honteusement" mutilé, ou des homosexuels aux
personnalités diamétralement opposés. Mais au-delà de portraits de personnages divers, elle nous offre , décrit avec une infinie poésie, un regard sur nos relations hommes/femmes. La description des rapports amoureux entre le fermier plus ou moins "économe" et son épouse est d'une grande finesse et pourtant si intime. Ce manuscrit est un bel et intéressant regard sur les valeurs (l'argent, le bonheur, le mariage, l'amour, etc.) qui interroge inévitablement. C'est  aussi un regard sur notre rapport à la nature.
A propos de nature, passe encore que Carole Zalberg donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies "d'homme", mais a-t-elle aussi vécu une vie d’arbre? C'est stupéfiant comme elle fait vivre cet arbre. On le sent évoluer, on s'y attache, on imagine les relations de cet arbre avec les autres éléments de la nature (les autres arbres, qui meurent, le vent, etc.). On le sent si présent et pourtant, il ne fait jamais d'ombre aux "vrais personnages", ceux qu'il nous montrent à voir, ces humains.
Enfin si cet arbre ne nous parle pas que d'harmonie entre l'homme et la nature, l'auteur  en fait preuve dans le passage de l'arbre aux humains et vice versa. Cela dans une douceur considérable. On ne se voit jamais "basculer" d'un monde à l'autre puis revenir. On se laisse emporter et à chaque chapitre, cette magie recommence.
Grand Bravo.
L. E.

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« Que vive cet arbre !
Il faut absolument permettre au plus grand nombre de lecteurs possible de se laisser prendre au charme - sans jeu de mot - puissant de ces mémoires, au sortilège d'une écriture qui se fait végétale. Sans toujours adhérer au contenu du message que nous adresse cet arbre, je crois à la force pénétrante de sa voix pour y avoir cédé plus d'une fois...»
P. K.
 
 

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« Quand on a fini les Mémoires d'un arbre, sa voix résonne encore. Tour à tour sensuelle, tendre, bienveillante, doucement ironique ou implacable, elle nous parle de l'homme sans jamais être moralisatrice... Cette voix nous touche, nous émeut profondément (le soldat) ou nous dérange (le marionnettiste) pour son regard sur l'homme mais aussi pour la création du magnifique personnage-observateur-narrateur de l'arbre lui-même : la jeunesse bouillonnante, la maturité, la vieillesse.
Roman, épopée, conte philosophique ? Probablement tout à la fois dans une langue pure et sonore.»
S. H.
 
 

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Tout l'intéret d'"Auprès de mon arbre" réside à mon sens dans l'angle d'approche. Le rapprochement à la nature nous rend souvent
"Nunuches" : les fleurs, les papillons et l'amour qui s'éveille. Ici, nous avons affaire à un traité un peu plus "destroy", pas tant dans la forme, ce que je regrette un peu, que par l'histoire mise en scène. Il y est question de destruction, de remise en cause et  personne n'en ressort indemne, pas même l'arbre. Le tout n'en est que plus réaliste.
D'ailleurs, la réalité ne nous épargne guère et toute métamorphose à son prix. Voilà une oeuvre que j'aimerais bien voir éditée  car les formats informatiques ruinent la vue et engagent peu à la relecture.
R. H.

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J'ai eu ainsi l'occasion de visiter le stand de Carole Zalberg et de lire sur votre site "les mémoires d'un arbre". Je trouve son écriture magnifique. J'ai retrouvé dans ses textes tout ce que j'aime dans les livres, ce qui provoque l'enthousiasme. Etre emporté dans l'univers d'un auteur, se laisser émouvoir, rencontrer l'auteur et ses personnages, trouver des échos de l'humanité que l'on porte en soi. Tous les textes que j'ai pu lire sur son stand me semblent être de la même qualité. Il suffit de les survoler, de piocher une phrase ou un mot ici ou là pour s'apercevoir que c'est toujours juste et que ça touche au but. Je conseille à tous ceux qui visitent ce site d'aller jeter un coup d'oeil à ce stand et j'espère que les livres de Carole Zalberg seront très prochainement publiés.
M. F.

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On avait, déjà, les mémoires d'un âne, et celles de Casanova.
On a le mémorial de Sainte-Hélène, on a le mémorial Yad Vashem, aussi.
Les mémoires d'un arbre... Rien à commenter sur ce titre qui parle très fort...
Le plus romantique des philosophes allemands, Hegel, donne à cet être immobile une place très centrale. Mais bien sûr, on ne comparera pas des écrits qui ont une telle exigence de structure à celui que nous offre l'auteur des Mémoires d'un arbre, dont les souvenirs tombent comme des feuilles, au hasard du vent de la fantaisie. Une évocation toutefois se fait, peut-être précisément en raison d'un contraste, mais sans doute aussi par le biais de la poésie.
On pense aussi, parfois, à Schubert, en lisant ce livre. Dans ses oeuvres, souvent, la structure n'apparaît pas, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas.
Je m'exprime avec mes références et, volontairement, de façon décousue et dans un ordre aléatoire.
Pourquoi pas? L'auteur de ce livre place bien - et ce ne peut être que volontaire, l'évocation des camps de la mort après celle de la grande tempête que nous avons tous en mémoire...
Le titre parle très fort. Le livre pousse des cris qu'on voudrait que tout le monde entende. Sa lecture est facile, parce que les phrases sont bien écrites et les mots souvent merveilleusement choisis.  Mais ce livre n'est pas de la littérature facile. Aucune oeuvre puissante, d'ailleurs, n'est facile.
Frédéric Nietszche a écrit un jour "de tous les livres, je n'aime que ceux que l'on écrit avec son sang".
J'ai pensé à cette phrase en lisant les Mémoires.
F. R.
 

Sur Deux trois reproches à vous taire (chanson mise en ligne en 2000 sur le site de Télérama)
 

Je suis très émue par ces mots. Des maux entendus dans ma propre tête et dits par mes yeux lorsque je la revois aujourd'hui. Merci de nous les avoir montrés si simplement, si sincèrement.

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Merci pour ces vers si poignants si...

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Texte de douceur et d'amour ...qui guérit un peu de l'impossibilité à dire la dou(l/c)eur, mélange si fréquent des échanges avec mes parents

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Tellement de douceur et de délicatesse, véritable don d'amour à vos parents

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J'aimerais pouvoir affirmer que je t'ai reconnue dans ces mots.
Peut-être que je me trompe et que je félicite un (ou une) inconnu (e).
Ce texte est mon histoire, l'histoire de chacun, l'histoire de tous les malentendus, les amours cachées, non dites, par excès de pudeur, sans doute.
Si je me trompe, tant pis.
Merci pour ce texte.
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On en a toujours à faire et dit comme cela je n'en crois pas mes yeux...écrit comme ça j'aurais voulu pouvoir le faire...c'est dur tous ces mots et si beau à la fois...
on dirait toi, vous et moi...combien sommes nous à avoir tant souffert derrière tant d'apparences, de faux semblants de vie "normale"?
merci encore mille fois.
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Un message poignant sans etre larmoyant!
Soyez sans peur et sans reproche pour espérez en l'avenir!
Les guerres des plus grands sont larmes d'hier.
Le rire d'un enfant la plus belle arme à venir....

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Bravo pour votre lettre bouleversante.

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Quoi dire sinon se taire...

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Je cherchais le texte de l'amie de quelqu'un qui compte beaucoup pour moi je ne sais pas si vous êtes cette muse
mais votre pseudo et votre titre ont attiré mon regard, votre texte m'a permis de l'y noyer. Si vous n'êtes pas cette amie, vous en avez la sensibilité et le talent. Sachez peser ce compliment : c'est une magicienne des mots.
Pour ma part, mes mots ne sont que des maux.
Je préfère me noyer dans la prose des autres.