REACTIONS
Photo et papillonnage
: Frédéric Vignale
Vous avez été nombreux à mettre de magnifiques mots sur mes mots. Jugez plutôt :
A propos de La mère horizontale :
Cette promenade qui part, revient, retourne pour raconter l'histoire de ces trois femmes est tenue par les rênes de ton écriture dense et précise, bouleversante sans jamais être larmoyante (même si j'ai pleuré !), et vraiment, tu as accompli une véritable oeuvre littéraire sur la filiation et la fêlure. C'est un très beau livre qui rencontrera des humains, beaucoup d'humains, et je lui prédis un bel avenir.
Merci pour "La mère horizontale"
que je viens de relire avec une émotion profonde.Tout sonne juste
dans ce roman horrible et bouleversant mais jamais désespéré.
Au cours de cette odyssée de la maternité, on se sent sauvé
par des moments de grâce : l'épisode littéralement
merveilleux de la présentation de Fleur à Caroline, mais
aussi des scènes paradoxalement exquises d'intimité animale
entre la maman alcoolique et la petite fille qui s'en accommode. Pour être
capable d'atteindre d'aussi surprenantes nuances dans ce qui pourrait n'être
qu'abjection, il faut créer un art : tu as créé le
tien. Bravo.
On s'en veut d'être hanté
par une question : d'où te vient cette histoire ? A toi de répondre
ou non. On croit en l'existence de Fleur. On aimerait la rencontrer.
"Déjà j'aime beaucoup le titre. Qui évoque aussi l'horizon, la terre mère... J'admire les ellipses, les fines pointes d'humour, les piques qui n'ont l'air de rien, le lyrisme discret, la silhouette furtive mais bien dessinée de l'Histoire. C'est parfait."
Bravo, ma chère Carole, pour cette histoire conçue en escalier. Durant tout le livre, j'ai eu la sensation que tu te penchais sur ce qui n'a pas été dit mais simplement aperçu par les autres. J'aime avec quelle attention précise tu décris les vibrations émotionnelles de tes personnages. L'alternance passé-présent est finement élaborée ( tu as eu raison de réserver la première personne à un seul personnage qui devient du coup central:j'aime particulièrement sa voix, à Fleur). Il y a toujours l'angoisse en arrière plan liée à la présence de cette mère alcoolique, et c'est ce qui rend la fin réussie : la fin c'est le début de sa plongée dans l'alcoolisme. Tes images sont belles :celle du cocon pour parler de la graisse, et le visage en perpetuelle "explosion" de Sabine qui vient de se coiffer à l'afro. Surtout, bravo pour le ton d'une indiscutable justesse, ton écriture est attentive à tout (comme toi). C'est pour ça que je la vois comme un "souffle chaud".
Qu'on en parle de ce livre !
A propos de Mort et Vie de Lili Riviera :
J'ai fini de lire d'un coup Mort
et Vie de Lili Riviera. Ce livre fait une impression terrible. D'abord
c'est stupéfiant, l'empathie qu'on y découvre. Je ne sais
plus si vous avez fait des recherches, mais de toute façon cela
ne suffirait pas, il y a autre chose: cette façon de se glisser,
sans juger, et de faire glisser le lecteur dans cet enfermement corporel
et cette dégringolade, et cette douleur, on se demande de quel fond
secret vous sortez cela. Il y a plus encore, et c'est cela qui m'a troublée
et m'a laissée dans un curieux état: c'est la possibilité
effleurée que ce don du corps à qui vient, à qui veut
prendre, à l'homme indifférencié, à la chair
en fin de compte, ce serait peut-être cela, la vie telle qu'elle
pourrait ou devrait être...et d'un seul coup tout se retourne, l'enfermement,
l'aliénation, ce serait nous qui les vivrions, et on éprouve
une vague aversion pour tout ce qui fait notre vie, ces appartement empilés
où chacun est solitaire, le métro, la rue, tout. C'est comme
une fine et coupante intuition qui file entre les lignes, une sorte de
lumière blanche insaisissable, qui tord la lecture... et tord le
ventre. Finalement cette femme fait l'expérience des limites, elle
tend vers la chair fondamentale, vers la chair commune, elle en devient
une sorte de vestale sacrée, ou plutôt qui pourrait être
sacrée dans une tout autre civilisation. Magnifique l'ami Cédric,
et aussi le portrait de Franky. Sans parler de cette mère, qui "n'aime
que les étrangers" (trait génial, je trouve).
Je me disais d'abord que par le
sujet, le livre aurait dû "bien marcher", maintenant je vois les
choses autrement. Vous avez évité le côté
people,
les paillettes et le trash, et les
explications qui rassurent. C'est un livre qui fait mal, non pas à
la manière superficielle et "consensuelle" d'un Houellebecq, mais
mal profondément, parce que vous l'avez traité de l'intérieur,
et les gens ont peur de ça.
Voilà pour l'instant. Il
me faut m'en remettre!
« Regardez
de plus près » disait la voix off en préambule du film
American
beauty. C’est ce qu’aurait pu écrire Carole Zalberg en exergue
de son livre. Le thème de cette jeune femme subissant opérations
sur opérations « esthétiques » pour finalement
devenir ce que quelques manipulateurs rencontrés au hasard avaient
décidé pour elle paraissait une gageure. L’inspiratrice du
personnage, Lolo Ferrari, faisait peur, provoquait la fascination et les
ricanements. Dur de lui imaginer un destin d’héroïne… Dans
Mort
et vie de Lili Riviera, Carole Zalberg raconte avec une infinie compassion
comment elle en est arrivée là. Et on comprend.
On comprend qu’en grandissant dans
un climat de violence sourde (entre une mère qui la méprise
et un père qui s’efface) on en vienne à vouloir changer de
plus en plus, disparaître. Trouver autre chose. Lili recherche une
identité, pas forcément la sienne mais une identité
qui la fasse exister auprès des autres. Elle ne s’aime pas. C’est
là le tragique de l’affaire. « Ce serait un conte »
écrit Carole mais un conte horrible où la belle princesse
se verrait d’abord belle puis laide dans les yeux des princes charmants,
en ferait des tonnes pour plaire, finir par s’oublier, ne plus se reconnaître.
On est loin des éclats de
rire que pouvaient déclencher la simple évocation de ce personnage
tragi-comique.
Et la langue de Carole est belle,
pleine de retenue et de violence exutoire. De poésie, aussi.
J'ai lu ce week-end ton
roman. Bravo et merci! J'ai beaucoup apprécié la sensibilité
avec laquelle tu as abordé ce sujet difficile. Beaucoup aimé
aussi la pudeur, la retenue dont
tu as fait preuve. Je n'avais pas lu grand-chose sur la vie et la mort
de Lolo F., mais je doute que beaucoup aient été aussi respectueuses
et intelligentes que cela.
J'ai dévoré
Mort
et vie de Lili Riviera.
J'ai beaucoup aimé ton style
très direct et incisif qui laisse la tension s'installer progressivement
au fil des pages. J'ai vraiment eu le sentiment que tout au long du roman
j'entrais dans l'univers lourd et glauque de Lili sans même m'en
apercevoir.
J'ai eu le sentiment d'avancer,
ou plutôt de m'enfoncer avec elle, ce qui à la fin du roman
donne effectivement l'impression que Lili n'a pas eu le choix. Non pas
parce qu'elle n'a pas été aimée enfant, non, c'est
plus complexe que ça. Je dirais que ça commence par ce mésamour
et que ça continue par un faisceau de circonstances et de rencontres
(celles-ci étant aussi liées au manque d'amour du départ,
d'où cette complexité).
Personnellement c'est un type de récit que j'affectionne particulièrement. Je trouve que le sujet est vraiment très intéressant parce qu'encore une fois au travers d'un personnage poussé à l'extrême comme Lili on se pose beacoup de questions sur notre société de l'image et surtout - et pour moi c'est le thème le plus intéressant du livre - sur comment nous nous construisons psychologiquement depuis l'enfance. C'est comme une horlogerie de mécanismes qui seraient mis à jour (parce que mis en exergue par ce côté extrême) dans le genèse de Lili. Lili est un cas à part et en même temps elle est proche de nous par les questions qu'elle se pose, la relation à son corps qui change, son besoin d'amour et sa relation aux hommes. Meme si elle est au final grotesque, ce n'est pas un ovni et il me semble que tu as très bien mis l'accent sur le côté humain de Lili. La petite fille cachée à l'intérieur.
Voilà mon impression. Je n'ai pas de réserves (j'ai pourtant cherché !). A nouveau c'est une écriture que j'aime et un thème qui me fascine également. Par exemple j'avais beaucoup aimé Les jolies choses de V. Despentes. Chez toi par contre il n'y a pas de vulgarité (ce qui n'est pas vraiment le cas chez elle !), mais pourtant le message est là, clair et tout aussi cru et la déchéance de la jeune femme est tout aussi bien traitée. C'est comme si Lili courrait après quelque chose qu'elle ne parviendra jamais à rattrapper.
C'est une triste histoire,
merveilleusement mise en scène. Ton écriture relève
comme dans tes précédents romans des trois E : elle est efficace,
épurée, esthétique. Les ressorts psychologiques apparaissent
au fur et à mesure d'une vie cahoteuse, pour finir par crisser comme
ceux d'un vieux lit sur lequel s'étale tout le poids d'une société,
de ses institutions et de son imaginaire. Le fantasme est quelque chose,
je pense, de lourd à porter. Seuls, peut-être, les mamelons
gonflés à l'hydrogène permettront l'envol plus léger
de ces fantasmes balourds. La technique, la technologie, la science, et
toutes leurs possibilités façonnent l'imaginaire social comme
dirait Castoriadis.
Qu'est-ce qu'il en sera dans vingt
ans? Je ne sais pas, mais je pense que ton livre, indirectement, pose toutes
ces questions. Il est pourtant doux. Doux d'un anéantissement programmé,
d'un engourdissement progressif, d'une somnolence humaine qui laisse le
lecteur rêveur et révolté. La tragique est présent,
les protagonistes ne contrôlent plus la signification de leurs actes.
Lili poussée par la "moira". Pourtant les pages sont douces, dans
tous les sens du terme : tant le vocabulaire, la sémantique, que
le papier physique du livre sont doux, presque veloutés.
Cela crée une alchimie curieuse,
comme cette bête de foire immonde qu'est Lili. On ne nommerait pas
un monstre Lili. Lili qui sonne si joliment, Lili si frêle, si tendre,
vulnérable...
J’ai lu hier jour de sa
sortie, ce nouveau roman où tu livres le meilleur de toi-même.
Impression d’une descente aux enfers ou d’une crucifixion. Si Ella, elle
a « ce tout petit supplément d’âme », Lili souffre
de l’inverse : un déficit d’âme. Elle, ou plutôt l’environnement
qui la produit. Car tu décris très bien cette sorte d’horrible
déterminisme qui la façonne : famille, « société
», ce Marc, âme damnée, ce Cédric qui se brûle
lui aussi à la flamme de l’artifice, ce profiteur de Francky, l’abominable
docteur Z… Et toujours ton écriture sobre, précise, efficace.
L’alternance réussie passé / présent. Tout est joué
depuis le début, Lili est déjà morte. L’histoire d’une
autopsie, en somme. Un procès verbal. Le mot juste, toujours
le mot juste, rien que le mot juste. Et l’émotion s’insinue chez
le lecteur, et l’écoeurement, et jusqu’à la culpabilité
(en tant que père de deux filles, je me suis vu dans la peau de
Bruno, et je n’étais pas fier). J’ai de nouveau songé à
Mauriac, et notamment à ce beau titre qu’il disait pouvoir être
celui de son œuvre entière : Le désert de l’amour. Oui, l’amour
manque à cette femme, à cette mère qui cherche un
ersatz en son dieu, à cette famille purement socio-biologique, à
ces hommes bouffés par le désir, à cette société
plastique… J’ai refermé le livre avec un sentiment de noire tristesse.
Petite sœur de Marilyn ? Oui, sans doute, avec autant de souffrance ici
que là, autant de distance entre la petite fille et la poupée,
entre l’enfant et la putain. Des bombes… et les bombes, ça finit
par exploser.
Je viens de finir l'histoire
de Lili; j'ai aimé, beaucoup, les mots qui font et défont
Lili la balladent la trimballent la malmènent et nous la rendent
touchante et troublante à la fois le désir venant remplacer
l'amour et son manque, les mots à l'image de la chirurgie esthétique
la façonnent; merci pour ces moments de lecture.
A propos de Chez eux :
Anna est une petite fille juive de
six ans, petit cœur de douceur, bourlinguée dans une Europe à
l’agonie pendant la seconde guerre mondiale, entre Pologne et France, confiée
par sa mère aux bons soins d’une famille de paysans de la France
profonde, petite Anne Frank en terre d’auvergne. Il lui faut cacher son
identité, supputer le danger qui rode, toujours aux aguets. Des
paysages qui émeuvent, le chemin de l’école, des copains
complices, la dureté de la vie à la ferme chez des paysans
à la peau dure et au cœur tendre, la rencontre lumineuse avec l’institutrice
Cécile Tournon, Juste parmi les Justes, être de lumière.
Carole Zalberg rend hommage
dans ce troisième roman à sa mère Anna, elle rend
vie par le verbe à une existence longtemps occultée,
rarement explicitée, les mots se posent comme une caresse, un hommage
affectueux et doux, un geste d’amour. Aussi quand l’écriture est
capable de redonner vie et consistance à un passé enfoui,
sans emphase rétrospective, avec juste ce qu’il faut d’éclairage,
quand l’histoire s’incarne dans les regards, les silences et les petits
rien, alors se lève la promesse de l’aube.
"Un récit tout de sobriété et d'émotion contenue"
J’ai terminé hier soir
Chez eux.
C’est un très beau livre,
écrit avec beaucoup de justesse. J’y ai vu surtout l’histoire d’une
maturation : une petite fille qui grandit en puisant dans les ressources
d’une enfance heureuse. Peut-être que si elle n’avait pas connu autant
d’amour avant, elle n’y serait pas parvenue. Curieux paradoxe : c’est lorsqu’on
a été aimé qu’on parvient à s’affranchir de
cet amour, qu’on peut aller voir ailleurs. Comme tu le dis à la
fin du roman, Anna retrouve ses parents, c’est une autre petite fille,
déjà grande, il n’y a pas de retour possible. Quand on n’a
pas été aimé (ou mal), c’est très difficile
de faire face, c’est comme si on restait collé à ce qu’on
n’a pas eu. Ce livre le dit très bien. Ça fait une très
belle histoire, extrêmement prenante et, disons-le, émouvante.
(...) ce livre dit de quoi on est fait, même si on n’était
pas encore là pour l’entendre. En lisant Chez eux j’y ai
retrouvé des choses comme ça.
Voilà, rapidement, ce que
j’avais envie de te dire à propos de ce livre.
(...) Je l'ai commencé
hier, et fini aujourd'hui. En deux fois, et si je n'avais dû partir
hier soir, je l'aurais sûrement lu d'une traite. Comme tu as dû
l'écrire, puisque tu précises un seul mois à la fin
du livre. C'est assez surprenant d'ailleurs, car je trouve ton écriture
tellement précise et juste qu'il me semble que j'aurais mis beaucoup
plus de temps. Comment te dire? C'est vraiment un livre formidable, intense,
juste. On a toujours un peu peur avec ce sujet ( enfin, je dis "on"
mais c'est moi), car j'ai lu tellement de livres et d'histoires. Il y a
je trouve quelque chose de très différent dans ce livre,
peut être liée à la force de tes personnages. L'impression
d'une grande volonté ressort. (...) Je trouve étranges tes
dernières lignes, enfin étranges mais compréhensibles
: c'est d'une grande force de pouvoir restituer ainsi un témoignage,
c'est une forme de don pour beaucoup de croyances. Je suis heureux
que tu l'aies publié chez Phébus car en tant qu'esthète,
ton écriture est mise en valeur ; le contexte de l'éditeur
me fait penser à Daniel Arsand, Anna de Roanne pourrait être
un nom de ses personnages. Dans la précision de l'écriture,
il y a une valeur commune, et c'est un compliment pour moi. Merci pour
cette lecture, vraiment. Ton livre aura un chemin étroit, car ce
n'est pas le plus accessible, étroit mais long.
Chez Eux. Un texte dépouillé.
Des jambes nues.
Les jambes, j’aime cette charnière-symbole,
ces ciseaux arpentant les mots.
Page 25 « la petite
sirène qui renonçait à sa belle queue et à
sa voix de miel pour les jambes qui la faisaient souffrir … ».
Page 33 Les jambes encore.
Page 42 Les jambes maigres…
Les jambes ça porte comme
un regard, ça aide à s’enfuir, ça fait voleter les
macarons des cheveux…
Les jambes, chez les filles, c’est
souvent héréditaire.
La grand-mère, la mère,
la fille…
J’aime bien aussi le personnage
de l’instit’ Mlle Tournon, une certaine France qui se perd...
La main rude de la mère Poulou
dans les épis de son petit-fils sous le regard en manque d’Anna…
La voix de l’ogre dans la TSF…
Sans doute, aussi, parce que les
nazis, ont « nettoyé » toute ma branche paternelle et
que nous avons cette mémoire d’un arbre en commun.
T'as été inspirée
de finir par le mot : peur. La peur, ca reste et ça se transmet
jusque dans les jambes.
J’ai aimé ce roman de l’enracinement
sur le déracinement.
Et pour toi, la boucle bouclée.
"Carole, ce n'est pas une plume
qu'elle a, mais tout l’oiseau" avais-je dit. En refermant Chez eux
je m’y suis senti chez moi. Pas par similitude des destins, mais simplement
parce que tes mots, ta plume, offrent un témoignage qui invite au
lieu d’exclure, comme cela est trop souvent le cas dans ce genre de roman.
D’où vient cette capacité d’émouvoir avec de simples
mots ? D’où vient cette possibilité de susciter des envies
de révolte face à des situations historiques qu’on croyait
connaître par cœur ? Franchement je crois qu’on touche ici à
l’essence même du talent. Une essence pleine de plomb, comme seule
en donne la réflexion qui précéda forcément
la rédaction de ce roman. Tu énerveras avec ce livre. On
te dira :
« Encoooore ? Les juifs ne
portent pas le malheur du monde sur leurs seules épaules ».
Mais on te dira « Bravo » aussi, et je tiens à être
de ceux-là, parce que Chez eux m’a touché, et que je suis
persuadé que c’est en ravivant les cicatrices plutôt qu’en
les lissant qu’on convaincra les plus obtus de ne s’accommoder de rien,
et surtout pas de ce qui restera, quoi qu’on en dise, le pire exemple de
dégringolade humaine de l’Homme. Cet ouvrage t’était sans
doute nécessaire. Moi il m’est devenu indispensable. D’ordinaire
j’aime la littérature qui fait décoller, qui prend des risques,
qui s’éloigne du réel. A mettre les pieds dans la boue de
l’histoire je ne pensais pas y expérimenter tant de sensations.
Et pour l’avoir pensé, en plus de «Bravo», j’ai presque
envie de te demander « Pardon ».
Merci pour ce petit bijou
plein de tristesse, mais aussi de luminosité!
Ecrit par une plume exceptionnelle,
votre livre m'a bouleversée. L'histoire d'Anna aura du mal à
s'effacer de mon esprit...
Une caresse, les mots de la douceur,
et soudain, la peur, le paradis perdu. La Pologne lointaine, Lodz comme
un rêve qui se dissipe et se dissout au fond du regard : plus rien.
Sinon dans le mystère des nuits, le retour de l’infiniment doux,
le cristal des mots d’Ethel, la mère qui a fait le voyage préparé
par Nathan, le père.
Nous sommes dans les environs de
Roanne aux temps si proches encore où la mort en uniforme repérait
ses proies en traquant derrière les visages, les songes d’un autre
monde. Une petite fille, dans le matin froid, se prépare à
nourrir les animaux de la ferme, bâtiment solitaire comme une étrave,
comme un naufrage dans l’océan des terres.
Les Poulange ! Des paysans naufragés
du langage, tout en économie, et du matin au soir, les mots de la
survie. Les Poulange ! Ils ont désormais une petite-fille, arrivée
en même temps que leur petit-fils. Les apparences offrent à
tous les regards environnants la crédibilité qui sauve :
tout est prêt le jour où Lebrun le traître, vient dans
la classe de Mademoiselle Tournon la merveilleuse, promener son regard
de fourbe sur le visage des enfants : « Et cette jolie petite fille-là,
qui peut me dire si elle est d’ici » On retient son souffle, Anna,
la petite Anna fait face à l’abject, épatante de courage
et de sang-froid ! C’est une page magnifique et simple, la victoire sans
autre défense que celle de la parole sûre et ferme, sans autre
rempart que le regard tranquille.
Anna Serre – Wajimsky dès
la fin de la guerre – brille à l’école de Cécile Tournon
qui l’environne de toute sa pédagogie tendre, qui lui offre cette
présence si précieuse de l’esprit devenu guide, jusqu’à
l’examen final et dangereux – parce qu’il y a partout des Lebrun.
On tremble souvent pour la «
petite Poulou », on l’admire lorsqu’elle dit sa passion des mots
nouveaux, on voudrait faire à sa place les travaux qui meurtrissent
le corps, et pourtant, on ne craint rien pour elle, on la sait forte, et
déjà victorieuse alors que tout semble l’avoir abandonné.
Carole Zalberg est née de ce passé sans nom et sans visage – ainsi peut-on régler son compte à l’inadmissible – ; Anna était sa mère. Sans excès, sans appuyer le trait, elle nous dit les jours qui lui ont été racontés, cette chute dans un monde rugueux où seuls des sabots neufs savent dire « Je t’aime », et puis l’éveil étincelant vers un autre partage, parce qu’un visage, celui d’Adriel le jeune homme, traverse la lumière sans l’altérer, et puis dans l’anodin des gestes et presque l’anonyme des présences, le fil des jours terribles où le moindre faux-pas croisait celui de la folie.
« Chez eux » est écrit comme on peint une aquarelle, délicatement, mais peu à peu, on comprend que ce qui se dilue ainsi dans le quotidien et son dessein, ce sont des larmes. C’est pudique et terrible à la fois, c’est sensible et tendre, doux et fort, avec des passages dont on sent qu’ils viendront illustrer quelque jour, quelque pensée qui cherche son appui, comme une perfection.
Je viens de terminer ton
livre. Quelle douceur malgré la violence du sujet. Beaucoup de poésie.
Ma mère a traversé cette partie de l'histoire, elle était
en colonie. Elle aussi rongée par la crasse et la vermine. Elle
en a gardé un appétit puissant pour ses enfants. Sur la photo,
j'ai cru la reconnaître, toute petite elle avait le même regard.
Oui, j'ai été touchée au plus profond de moi par ta
qualité d'écrivain, de conteur. Le style d'écriture
est fluide et riche, l'histoire s'enchaîne formidablement bien et
l'amour domine tellement ton récit que j'ai cru te retrouver à
chaque page. Bravo, tu es au travers de tes écrits, telle que je
t'ai toujours ressentie: riche, souple, tolérante, douce et tellement
fraîche. Merci pour ce moment de bonheur.
Une
réaction poético/philosophique de Iannis Pledel.
A propos de Léa et les voix :
....LEA ; depuis le temps que
je l'attendais, je commençais à ne plus y croire. La première
fois que je l'ai vue, c'était dans l'opacité d'un piano bar,au
creux des lignes de Carole, et déjà j'avais été
séduit. Puis, elle avait disparu .. Cachée derrière
un Arbre où partie avec Napo, elle avait fui le monde des mots et
je desespérais de la revoir ; elle était devenue une de ces
visions fugaces dont on entretient le souvenir sans trop y croire ; et
pourtant, la revoilà .
Un beau roman que celui là
; où très vite la plume de Carole dépose sa marque
; légère et sensible, comme un frôlement, une caresse.
Un rythme bercé qui doucement dessine la trame d'une vie, de deux
vies en reflet, entre abandon et perte de l'aimé, de l'amour, de
soi. Un personnage attachant, tendre et fragile, touchant ; une femme dont
on tomberait amoureux comme on tombe dans un rêve, en douceur.
Quand l'éphémère devient douleur, Carole glisse ses
mots, d'un souffle de fée qui nous rappelle une fois encore que
les artistes ne sont pas vraiment de ce monde...
Christophe Leroy
A propos de Les Mémoires d'un arbre:
Emerveillée par la lecture
des mémoires d'un arbre je tiens à vous féliciter
pour votre très bel ouvrage
plein d'émotion et de tendresse. Quelle maîtrise
de la langue (ce qui devient plutôt
rare).
J'ai hâte de me plonger dans
les voix de Léa.
Avec tous mes encouragements...
H. L.
Une analyse-réaction pleine de sensibilité, par Valérie patriarche
***
Merci, Carole Zalberg, merci,
Merci car vous m'avez procuré
des instants de bonheur grâce à votre livre, de ces instants
rares où on se sent en totale communion avec le monde qui nous entoure,
de ces instants où on regarde la vie d'un point de vue différent.
Ce n'est pas à la portée de tout le monde d'écrire
de tels romans.
Votre livre est beau, non pas de
cette beauté froide qui se dégage des oeuvres "maîtrisées",
parfaitement orchestrée. Non, votre livre est beau comme le chaos,
le chaos de ces vies qui passent, de ces êtres qui défilent
comme sur le champ de Mars, de ces destins croisés, des ces amours
et de ces haines dont vous nous montrez l'importance toute relative en
les resituant dans une perspective beaucoup plus large que celle, restreinte,
de la durée de la vie humaine.
Votre livre est parfois drôle
(on retiendra le passage en "guest-star" d'Isaac Newton), parfois tragique,
toujours plein de sens.
C'est pour tout cela que je tenais
à vous dire merci, Carole Zalberg. Vous n'usurpez pas votre titre
de "donneuse de mots" et c'est un ravissement que de recueillir ceux que
vous semez.
Au plaisir de vous lire à
nouveau,
E. B. Un lecteur conquis.
Je viens de finir la lecture de
votre roman Les Mémoires d'un arbre que j'ai beaucoup aimé.Votre
respiration naturelle semble être celle de la nouvelle. Je le relirai
certainement quand il paraîtra ; le rythme assez lent me semble bien
adapté à l'intimité de la relation entre un lecteur
et son livre et je m'imagine très bien le lisant sous la varangue
à l'heure du thé. J'ai adoré l'image de la robe cramoisie
;une approche très picturale !
J'ai également lu vos extraits
sur votre site .
Votre nouvelle Son pote est
vraiment touchante ,l'extrait de Léa et les voix est bouleversant.
Avec toute mon admiration
C. L. (Ile de la Réunion)
***
Tu surprends jusqu'au bout, à
dévier ton chemin, à le tordre de si belle manière.
Tu joues avec la perception qu'on se fait de ton oeuvre. On ne sait jamais
pourquoi on aime ce que tu as écrit, tes nouvelles ne dégagent
jamais la même saveur, c'est vraiment très fort d'avoir réussi
ce que tu as fait là. Vraiment je ne suis pas un lecteur facile
mais là j'ai
mordu j'ai dévoré.
Je croyais savoir où on allait et puis progressivement je ne savais
plus. Ton bouquin est fou et inattendu comme la vie, comme l'Histoire.
Il parle de folies de manière calme et posée, de destins
brisés mais patinés et d'un futur apocalyptique mais odieusement
logique. C'est incroyable ce que tu as écrit. Il me tarde de tenir
cet ouvrage entre mes mains pour le relire.
D. P.
Je suis curieuse comme une chatte.
J'ai voulu savoir qui était cette Carole Zalberg dont le forum est
l'un des plus fréquentés sur Planetexpo, et qui avait un
si joli visage. Je me sentais prise d'un coup de foudre amical. Donc, hier,
j'ai été faire un tour sur le site du Cherche-midi éditeur,
et par curiosité, j'ai téléchargé "Les mémoires
d'un arbre". Et là, Carole, j'ai pris une claque phénoménale.
Comme je me suis sentie humble, à vous lire. Comme j'ai pris conscience
de mes faiblesses et du chemin qu'il me reste à parcourir, moi qui
essaie de quitter l'état "d'écrivante" pour accéder
à celui "d'auteur" ! Que de lacunes, encore ! Mais vous lire, Carole,
n'a fait que renforcer ma détermination à continuer d'écrire.
Je n'ai plus qu'une seule chose à faire : vous remercier de ce moment
de grâce...
T. F.
***
La ville dans son fouillis, dans
tout son brouhaha, se réveille, une fois n’est pas coutume, sous
les bourrasques automnales, quelques feuilles volent au son des passants,
pas symétriques, enjambées emportées, longues foulées…serait-ce
pour ce défouler ? de qui ? de quoi ?…inutile d’insister…Je regarde
par la fenêtre, je ne vois rien à travers ses vieux carreaux
…flous…je préfère ouvrir, laisser l’air s’engouffrer, sentir
mes cheveux voleter et mes tapisseries s’arracher…chambre de bonne, antre
d’étudiant…je regarde de là ces gens las…une pensée
m'effleure…Carole…la toile tissée…deux liens…et…tiens ! tiens !,
une lecture, les autres ont suivi…
C’est Beau.
La vie ne s’arrête pas, un
taxi klaxonne, une mobylette ronronne, une vielle dame ronchonne…un homme
aboie,…je regarde en bas…savent-ils que de tout se vertige, de toute cette
critique, quelques mots suffisent à suspendre le temps…
Et à ce moment, une petite
fleur blanche, arrivée de nulle part se pose sur le rebord de la
fenêtre et m’annonce le printemps…du moins…pour moi.
A toi.
Z. B.
Je viens de relire, avec autant de
plaisir et d'enthousiasme que la première fois, "Les mémoires
d'un arbre". C'est une lecture facile (au sens de ni barbant ni prise de
tête) qui pourtant ne sacrifie en rien à la facilité
: les thèmes abordés sont de ceux qui sont essentiels et
de ceux que chacun se pose un jour. Cette simplicité, cette maturité
d'écriture, lisible et aérienne sont pour moi la qualité
des grands livres. Merci pour cette jolie lecture.
O. B. S.
J'ai aimé cette promenade
dans le temps en forme de contes, ces rencontres oniriques avec Newton
ou Rimbaud et Verlaine (ou est-ce un effet de mon imagination ?). Et au-delà
d'un avenir plombé et effrayant, la grande leçon d'humanité
de cet arbre-là.
D. G.
Ce livre est un bijou de poésie
et d’humanisme.
On y fait la connaissance d’hommes
et de femmes avec leurs qualités de cœur mais aussi leur faiblesse,
leur « misérabilité », leur petitesse...leur
humanité !!!
O. H.
J'ai adoré "les mémoires
d'un arbre".
Peut-être ne me suis-je pas
encore assez "frotté" à la lecture en ligne, ce qui me ferait
désirer une édition papier, que l'on garde, que l'on offre,
dont on respire le papier. Qu'importe, le texte est superbe, dans toutes
ses dimensions d'humanité et d'écriture...
Merci !!!
S. Sh.
Le titre seul était déjà
un appel. En ouvrant le fichier, en parcourant les premières lignes,
je sentais que ce livre me bouleverserait. Déjà je sentais
craquer l'écorce noueuse de cet arbre, déjà je ressentais
les lézardes profondes qu'avaient laissées sur son tronc
les siècles de douleurs, les moments terrifiant dont il avait été
le témoin.
"Au plus profond que me ramènent
mes racines emmêlées depuis des siècles à cette
terre"... La première phrase a suffi à m'envoûter.
La fluidité de l'écriture de Carole Zalberg souligne
chapitre après chapitre l'impuissance de cet arbre condamné
à l'immobilité, incapable de faire un geste envers ces femmes
et ces hommes qui se déchirent, se battent, se haïssent, s'aiment
ou se cherchent. L'arbre contemple le délabrement de ce monde, la
lente dérive et les secrets espoirs des hommes. Je connais un arbre.
Millénaire lui aussi. Un Châtaigner. Majestueux, aux racines
enchevêtrées, aux branches torturées... Planté
au milieu de son obscure clairière (les autres arbres se tiennent
à l'écart de sa menaçante sagesse) il observe et attend.
Qu'on le coupe ou qu'un incendie le dévaste. Et qu'on efface avec
lui toute la mémoire du monde.
P. F.
Une idée originale d'une grande
richesse pour ce roman à travers lequel on devine une sensibilité
à fleur de peau et un vrai talent encore vierge de toute emprise
commerciale. Un vrai coup de cœur pour cette plume vibrante et solaire,
à la fois empreinte de poésie et de douleur. J'ai adoré
... à publier d'urgence !!!
V. S.
***
A mi-chemin entre le conte philosophique
et la poésie, le livre de Carole Zalberg m'a semblé échapper
dans sa construction aux règles habituelles, même s’il respecte
la nature intrinsèque des sujets représentés . C’est
pourquoi, la surprise a été mon premier compagnon dans cette
lecture ; il s’est mué au fil de l’exercice en émerveillement
devant la puissance poétique de l’écriture. Au total, l’œuvre
évoque pour moi le douanier Rousseau ; Ca peut paraître étrange
au début, mais surtout c’est beau.
Ph. J.
Les Mémoires d'un arbre, de
Carole Zalberg est un merveilleux livre, fort et ciselé comme une
sculpture. Cette jeune auteure a saisi la vie dans tous ses bonheurs et
toutes ses horreurs. On est transporté dans l'univers de son sage
héros végétal comme dans un tourbillon et l'on sort
de là tout chamboulé...Voilà un roman qui sera sans
aucun doute aussi apprécié à Paris qu'à Montréal.
C. P.
J'ai lu les mémoires d'un
arbre dans le train , j'ai assurément voyagé plus que de
Strasbourg à Paris. Moi qui trouve toujours c e trajet trop long,
j'ai pesté quand l'annonce de l'arrivée à la capitale
m'a sortie de ma passionnante lecture.
Tout laisse à croire que
cette auteur a vécu plusieurs vies pour nous faire pénétrer
dans l'intimité de personnages aussi variés. Des femmes,
mais cela pouvait être attendu, mais aussi des hommes : bourrus,
comme ce père aux sentiments, envers sa fille, inavouables et avoués
malgré lui, ce soldat, revenant de la guerre "honteusement" mutilé,
ou des homosexuels aux
personnalités diamétralement
opposés. Mais au-delà de portraits de personnages divers,
elle nous offre , décrit avec une infinie poésie, un regard
sur nos relations hommes/femmes. La description des rapports amoureux entre
le fermier plus ou moins "économe" et son épouse est d'une
grande finesse et pourtant si intime. Ce manuscrit est un bel et intéressant
regard sur les valeurs (l'argent, le bonheur, le mariage, l'amour, etc.)
qui interroge inévitablement. C'est aussi un regard sur notre
rapport à la nature.
A propos de nature, passe encore
que Carole Zalberg donne l'impression d'avoir vécu plusieurs vies
"d'homme", mais a-t-elle aussi vécu une vie d’arbre? C'est stupéfiant
comme elle fait vivre cet arbre. On le sent évoluer, on s'y attache,
on imagine les relations de cet arbre avec les autres éléments
de la nature (les autres arbres, qui meurent, le vent, etc.). On le sent
si présent et pourtant, il ne fait jamais d'ombre aux "vrais personnages",
ceux qu'il nous montrent à voir, ces humains.
Enfin si cet arbre ne nous parle
pas que d'harmonie entre l'homme et la nature, l'auteur en fait preuve
dans le passage de l'arbre aux humains et vice versa. Cela dans une douceur
considérable. On ne se voit jamais "basculer" d'un monde à
l'autre puis revenir. On se laisse emporter et à chaque chapitre,
cette magie recommence.
Grand Bravo.
L. E.
« Que vive cet arbre !
Il faut absolument permettre au
plus grand nombre de lecteurs possible de se laisser prendre au charme
- sans jeu de mot - puissant de ces mémoires, au sortilège
d'une écriture qui se fait végétale. Sans toujours
adhérer au contenu du message que nous adresse cet arbre, je crois
à la force pénétrante de sa voix pour y avoir cédé
plus d'une fois...»
P. K.
***
***
Tout l'intéret d'"Auprès
de mon arbre" réside à mon sens dans l'angle d'approche.
Le rapprochement à la nature nous rend souvent
"Nunuches" : les fleurs, les papillons
et l'amour qui s'éveille. Ici, nous avons affaire à un traité
un peu plus "destroy", pas tant dans la forme, ce que je regrette un peu,
que par l'histoire mise en scène. Il y est question de destruction,
de remise en cause et personne n'en ressort indemne, pas même
l'arbre. Le tout n'en est que plus réaliste.
D'ailleurs, la réalité
ne nous épargne guère et toute métamorphose à
son prix. Voilà une oeuvre que j'aimerais bien voir éditée
car les formats informatiques ruinent la vue et engagent peu à la
relecture.
R. H.
J'ai eu ainsi l'occasion de visiter
le stand de Carole Zalberg et de lire sur votre site "les mémoires
d'un arbre". Je trouve son écriture magnifique. J'ai retrouvé
dans ses textes tout ce que j'aime dans les livres, ce qui provoque l'enthousiasme.
Etre emporté dans l'univers d'un auteur, se laisser émouvoir,
rencontrer l'auteur et ses personnages, trouver des échos de l'humanité
que l'on porte en soi. Tous les textes que j'ai pu lire sur son stand me
semblent être de la même qualité. Il suffit de les survoler,
de piocher une phrase ou un mot ici ou là pour s'apercevoir que
c'est toujours juste et que ça touche au but. Je conseille à
tous ceux qui visitent ce site d'aller jeter un coup d'oeil à ce
stand et j'espère que les livres de Carole Zalberg seront très
prochainement publiés.
M. F.
***
On avait, déjà, les
mémoires d'un âne, et celles de Casanova.
On a le mémorial de Sainte-Hélène,
on a le mémorial Yad Vashem, aussi.
Les mémoires d'un arbre...
Rien à commenter sur ce titre qui parle très fort...
Le plus romantique des philosophes
allemands, Hegel, donne à cet être immobile une place très
centrale. Mais bien sûr, on ne comparera pas des écrits qui
ont une telle exigence de structure à celui que nous offre l'auteur
des Mémoires d'un arbre, dont les souvenirs tombent comme des feuilles,
au hasard du vent de la fantaisie. Une évocation toutefois se fait,
peut-être précisément en raison d'un contraste, mais
sans doute aussi par le biais de la poésie.
On pense aussi, parfois, à
Schubert, en lisant ce livre. Dans ses oeuvres, souvent, la structure n'apparaît
pas, ce qui ne veut pas dire qu'il n'y en a pas.
Je m'exprime avec mes références
et, volontairement, de façon décousue et dans un ordre aléatoire.
Pourquoi pas? L'auteur de ce livre
place bien - et ce ne peut être que volontaire, l'évocation
des camps de la mort après celle de la grande tempête que
nous avons tous en mémoire...
Le titre parle très fort.
Le livre pousse des cris qu'on voudrait que tout le monde entende. Sa lecture
est facile, parce que les phrases sont bien écrites et les mots
souvent merveilleusement choisis. Mais ce livre n'est pas de la littérature
facile. Aucune oeuvre puissante, d'ailleurs, n'est facile.
Frédéric Nietszche
a écrit un jour "de tous les livres, je n'aime que ceux que l'on
écrit avec son sang".
J'ai pensé à cette
phrase en lisant les Mémoires.
F. R.
Sur Deux
trois reproches à vous taire (chanson mise en ligne en 2000
sur le site de Télérama)
Je suis très émue par ces mots. Des maux entendus dans ma propre tête et dits par mes yeux lorsque je la revois aujourd'hui. Merci de nous les avoir montrés si simplement, si sincèrement.
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Texte de douceur et d'amour ...qui guérit un peu de l'impossibilité à dire la dou(l/c)eur, mélange si fréquent des échanges avec mes parents
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Quoi dire sinon se taire...
Je cherchais le texte de l'amie de
quelqu'un qui compte beaucoup pour moi je ne sais pas si vous êtes
cette muse
mais votre pseudo et votre titre
ont attiré mon regard, votre texte m'a permis de l'y noyer. Si vous
n'êtes pas cette amie, vous en avez la sensibilité et le talent.
Sachez peser ce compliment : c'est une magicienne des mots.
Pour ma part, mes mots ne sont que
des maux.
Je préfère me noyer
dans la prose des autres.